Le Sénégal vise un taux de contenu local de 50 % d'ici 2030, ouvrant la voie à des discussions sur la formation professionnelle lors du MSGBC 2026
Le Sénégal accélère sa transition vers l'indépendance énergétique, le Premier ministre Ousmane Sonko ayant confirmé son intention de mettre fin aux importations de gaz naturel d'ici fin 2026. La production nationale issue des projets Sangomar et Greater Tortue Ahmeyim (GTA), associée à des exigences strictes en matière de contenu local, devrait remplacer les importations, ce qui permettrait de réaliser une économie potentielle de 227 millions de dollars par an, tout en renforçant la participation nationale et en stabilisant les coûts.
Dans l'ensemble du bassin MSGBC, les pays associent une production croissante d'hydrocarbures à des politiques ambitieuses en matière de contenu local afin de garantir la participation des acteurs nationaux. Ces thèmes seront au cœur du salon MSGBC Oil, Gas & Power 2026, qui se tiendra en décembre prochain à Dakar, où les gouvernements et les investisseurs évalueront l'état de préparation de la main-d'œuvre, l'harmonisation réglementaire et la compétitivité à long terme de la région.
Former une main-d'œuvre dans le secteur de l'énergie prête pour l'avenir
La dernière initiative du Sénégal associe la mise en œuvre de la législation à l'intégration du secteur privé, des initiatives telles que la conférence de Dakar visant à ancrer les PME dans la chaîne d'approvisionnement. S'appuyant sur le Code pétrolier de 2019 et la loi sur le contenu local de 2022, le pays vise un taux de contenu local de 50 % d'ici 2030, soutenu par des mesures obligatoires en matière de formation et d'emploi.
S'exprimant lors d'une conférence de presse organisée en amont du salon MSGBC Oil, Gas & Power de l'année dernière, le ministre sénégalais de l'Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, a insisté sur le renforcement du contenu local, déclarant : « Chaque projet doit avant tout profiter à nos citoyens. »
En Mauritanie, l'adoption de la loi n° 2024–045 en septembre 2025 a marqué un tournant pour ce pays appelé à devenir un acteur majeur du paysage énergétique mondial. Ce cadre donne la priorité au recrutement national et au développement des fournisseurs, et s'appuie sur une plateforme de suivi numérique permettant de contrôler le respect des dispositions. Des programmes de reconversion professionnelle permettent également de réorienter la main-d'œuvre qualifiée du secteur minier vers ceux du pétrole, du gaz et des industries émergentes de l'hydrogène vert.
La Gambie renforce ses capacités institutionnelles grâce à une réforme réglementaire et à des changements à la tête de ses institutions, notamment la nomination de Cany Jobe au poste de directeur général de la Commission gambienne du pétrole. Un nouveau projet de loi sur le pétrole et des procédures d'appel d'offres concurrentielles visent à améliorer la transparence tout en permettant aux entreprises locales de participer à des projets dans les secteurs de l'amont pétrolier et de l'énergie.
Par ailleurs, la Guinée-Conakry étend son cadre intersectoriel de contenu local, en appliquant la loi de 2022 aux secteurs du pétrole, du gaz et de l'électricité. Les investissements dans l'hydroélectricité et la fiabilité du réseau permettent déjà aux PME d'être compétitives dans les domaines de la fabrication et des services, tandis qu'un appel d'offres portant sur 22 blocs devrait stimuler davantage les capacités techniques nationales et la création d'emplois.
Le contenu local, moteur de l'indépendance énergétique
Les politiques de contenu local sont de plus en plus liées aux objectifs de sécurité énergétique. La stratégie sénégalaise de conversion du gaz en électricité, qui vise à porter la part du gaz à 75 % dans le mix électrique, s'appuie sur l'expertise nationale pour mener à bien des projets tels que Cap des Biches et Sandiara, garantissant ainsi la rétention de la valeur tout en développant la capacité de production.
La Mauritanie adopte un modèle similaire, en réorientant jusqu'à 25 % du gaz de la zone du Grand Ténéré vers les marchés nationaux d'ici 2027 afin d'alimenter de nouvelles centrales et de réduire les coûts. Conjuguée à ses ambitions en matière d'hydrogène vert et d'énergies renouvelables, la participation locale devient essentielle pour positionner le pays à la fois comme exportateur de GNL et comme pôle énergétique à faible émission de carbone.
Le capital humain au cœur de MSGBC 2026
Malgré les progrès accomplis, des défis subsistent. Les déficits de compétences dans les domaines de l'ingénierie spécialisée, de la gestion de projets et des technologies de pointe pourraient ralentir la mise en œuvre, d'autant plus que le nombre de projets en cours augmente. Il sera essentiel de combler ces lacunes par le biais de l'éducation, de la formation professionnelle et des partenariats internationaux pour maintenir cette dynamique.
Le développement du capital humain occupera donc une place prépondérante lors du salon MSGBC Oil, Gas & Power 2026, avec des sessions consacrées au contenu local, aux infrastructures gazières et à la préparation de la main-d'œuvre. À mesure que la région MSGBC augmentera sa production, sa capacité à former une main-d'œuvre qualifiée et ancrée localement sera déterminante pour son succès en tant qu'acteur mondial du secteur énergétique.
Le salon MSGBC Oil, Gas & Power 2026 se tiendra à Dakar du 1er au 3 décembre sur le thème « MSGBC 2026 : Stimuler l'investissement. Assurer la prospérité. Mettre en œuvre la stratégie énergétique de la région. »

