Le Sénégal exporte 2,9 millions de barils en février alors qu'une campagne d'exploration terrestre de 100 millions de dollars démarre
Le ministère sénégalais de l'Énergie, du Pétrole et des Mines a publié ses derniers chiffres sur la production d'hydrocarbures, confirmant la forte dynamique du secteur offshore du pays. Rien qu'en février, trois cargaisons de pétrole brut totalisant 2,9 millions de barils ont été exportées, tandis que les expéditions de GNL issues du projet Greater Tortue Ahmeyim (GTA) ont continué de progresser.
Ces données soulignent la transformation rapide du Sénégal en producteur d'hydrocarbures, mais elles soulèvent également une question stratégique : l'exploration terrestre pourra-t-elle reproduire le succès de l'exploration offshore ? Avec une campagne d'exploration de 100 millions de dollars actuellement en cours, la réponse à cette question pourrait orienter les débats lors de la conférence MSGBC Oil, Gas & Power 2026 qui se tiendra à Dakar en décembre prochain.
Une campagne d'exploration de 100 millions de dollars
La compagnie pétrolière nationale sénégalaise Petrosen a lancé une campagne d'exploration de 100 millions de dollars visant les bassins terrestres peu explorés à travers le pays. Cette initiative vise à faire de nouvelles découvertes de pétrole brut d'ici fin 2026 grâce à des programmes d'acquisition sismique, de modélisation des bassins et de forage exploratoire.
La première phase de la campagne se concentre sur des levés sismiques à haute résolution dans les zones terrestres du bassin MSGBC. Le raisonnement géologique est simple : les découvertes offshore majeures, telles que celles de Sangomar et de GTA, laissent supposer que des systèmes pétroliers similaires pourraient exister sous les bassins terrestres du Sénégal.
Pour soutenir cette offensive terrestre, le gouvernement donne la priorité au développement de corridors énergétiques intégrés et d'infrastructures transfrontalières. En modernisant les pôles logistiques régionaux et en étendant les réseaux de pipelines, le Sénégal réduit les coûts d'entrée pour les acteurs privés.
Cette stratégie s'inscrit dans la vision plus large du MSGBC, qui consiste à créer un marché énergétique unifié à l'échelle de l'Afrique de l'Ouest, garantissant ainsi que les nouvelles découvertes terrestres bénéficient de voies d'accès immédiates et rentables vers les marchés nationaux et internationaux.
Lors de l'édition 2025 du salon MSGBC Oil, Gas & Power, le ministre sénégalais du Pétrole et des Mines, Birame Soulèye Diop, a défendu une vision de la souveraineté énergétique fondée sur l'intégration régionale, à travers le Pool énergétique de l'Afrique de l'Ouest et le gazoduc Nigeria-Maroc. « Nous devons construire ensemble autour d'intérêts communs », a déclaré le ministre lors de cet événement.
Ces investissements dans les infrastructures du secteur intermédiaire offrent aux opérateurs une base stable et durable, réduisant considérablement les risques liés aux projets d'exploration et favorisant la mise en place d'un environnement hautement concurrentiel et propice aux investissements pour la décennie à venir.
La dynamique de réussite offshore
Alors que la campagne terrestre s'accélère, le secteur offshore du Sénégal continue d'afficher une production record. Le gisement de Sangomar, exploité par Woodside Energy, a produit environ 58,9 millions de barils depuis son lancement en juin 2024, dont 58,6 millions ont déjà été vendus dans le cadre de 61 cargaisons.
La production s'est stabilisée autour de 100 000 barils par jour, dépassant les prévisions initiales. Rien qu'en 2025, Sangomar a produit environ 36,1 millions de barils – soit près de 20 % de plus que les projections du gouvernement –, ce qui témoigne de la forte performance du gisement et de la fiabilité de ses infrastructures offshore.
De février 2025 à février 2026, le projet GTA exportera 24 cargaisons de GNL totalisant 4,04 millions de m³, ainsi que 1,6 million de barils de condensats commercialisés à l'international.
Ces avancées dans le secteur offshore sont en train de redessiner le paysage de l'investissement au Sénégal. Les réformes réglementaires mises en place par le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye visent à garantir le respect des engagements en matière d'exploration, tout en renforçant la participation nationale par l'intermédiaire de Petrosen et en clarifiant l'application des licences.
Perspectives énergétiques du MSGBC
Les implications de ces développements devraient occuper une place prépondérante lors de la conférence MSGBC Oil, Gas & Power 2026, prévue du 1er au 3 décembre à Dakar. Les acteurs clés du secteur examineront comment les succès enregistrés en mer peuvent déboucher sur une exploration régionale plus large et une industrialisation à long terme.
Si la campagne de 100 millions de dollars menée par Petrosen aboutit à de nouvelles découvertes terrestres, le Sénégal pourrait renforcer son rôle de plaque tournante énergétique régionale. Associée à une production stable à Sangomar et à l'augmentation des exportations de GNL de GTA, cette stratégie place le pays en position d'accroître à la fois ses investissements en amont et l'utilisation du gaz sur le marché intérieur
