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4 mai 2026

Le Sénégal fait passer le projet Yakaar-Teranga à la phase suivante du développement gazier offshore

Le Sénégal fait passer le projet Yakaar-Teranga à la phase suivante du développement gazier offshore

Le Sénégal s'aventure en terrain inconnu. La compagnie pétrolière nationale, Petrosen, prend désormais l'entière responsabilité du développement du gisement de gaz de Yakaar-Teranga, avec une décision finale d'investissement prévue pour 2026 et une première production de gaz attendue entre 2028 et 2029. Cette décision fait suite au retrait officiel de Kosmos Energy et marque une transition dans la structure du projet, alors que le Sénégal s'efforce de maintenir la dynamique de l'un des développements gaziers les plus importants d'Afrique de l'Ouest tout en le préparant pour la prochaine phase d'exécution et d'investissement.

Au-delà de la transaction elle-même, cette acquisition témoigne d'un changement d'orientation plus général. Les autorités sénégalaises ont lancé des audits dans les secteurs minier et pétrolier, tandis que Petrosen s'apprête à investir 100 millions de dollars en 2026 pour accélérer l'exploration terrestre. Ensemble, ces mesures laissent entrevoir une stratégie plus affirmée, axée sur la maximisation de la valeur des ressources et sur la refonte de la manière dont les projets sont structurés et mis en œuvre.

En quoi consiste le plan de relance pour Yakaar-Teranga ?

Situé dans le bassin offshore profond de Cayar, le gisement de Yakaar-Teranga recèlerait 25 000 milliards de pieds cubes de gaz, ce qui en fait un pilier de la stratégie énergétique à long terme du Sénégal. Le projet étant désormais entièrement sous contrôle national, les autorités ont rapidement pris des mesures pour redéfinir son modèle de développement.

Lors de la conférence MSGBC sur le pétrole, le gaz et l'électricité qui s'est tenue l'année dernière, le ministre de l'Énergie, Birame Souleye Diop, a clairement exposé la position du gouvernement, affirmant que le projet serait développé « selon les conditions fixées par le Sénégal » et que tout futur partenaire devrait s'aligner sur les priorités nationales.

Cette position s'est traduite par une réévaluation des options techniques, Petrosen ayant commandé plusieurs études de faisabilité en collaboration avec des acteurs du secteur tels que Subsea7, Baker Hughes, Wison et Turkish Petroleum. L'approche retenue repose sur une production de gaz offshore reliée à une installation de traitement à terre, les volumes produits étant acheminés vers le réseau de gaz national afin de soutenir la production d'électricité et de réduire les coûts de l'électricité.

Le calendrier du projet est ambitieux mais bien défini. Petrosen vise une décision finale d'investissement (FID) en 2026, la production devant atteindre environ 150 millions de pieds cubes par jour une fois l'exploitation lancée.

Petrosen est-elle capable de mener à bien un projet de construction à partir de zéro toute seule ?

Ce qui fait la particularité de Yakaar-Teranga, ce n'est pas seulement son ampleur, mais aussi le modèle qui le sous-tend. Les compagnies pétrolières nationales africaines se sont historiquement développées par le biais de participations minoritaires, de l'optimisation de sites existants ou de projets d'exploitation à plus petite échelle. Ici, Petrosen endosse un rôle de premier plan dans un projet gazier offshore techniquement complexe – un projet qui serait généralement exploité par une grande compagnie internationale.

Cette transition comporte des risques évidents liés à la mise en œuvre. Jusqu’à présent, Petrosen a principalement acquis de l’expérience en tant qu’associé minoritaire, détenant 10 % du projet de GNL Greater Tortue Ahmeyim et 18 % du champ pétrolier de Sangomar, tous deux exploités par des sociétés internationales. Passer d’une simple participation au capital à la prise en charge complète de l’exploitation nécessitera de renforcer rapidement les capacités techniques, financières et de gestion de projet.

Yakaar-Teranga et l'avenir du développement gazier de MSGBC

Yakaar-Teranga reflète une évolution plus générale qui se dessine dans le secteur gazier africain. Alors que les conditions de financement se durcissent et que les gouvernements s'attachent à accélérer la mise en œuvre des projets et la création de valeur, de nouveaux modèles de développement voient le jour à travers le continent.

Ce projet devrait être présenté lors du salon MSGBC Oil, Gas & Power 2026, où les décideurs politiques, les compagnies pétrolières nationales et les investisseurs examineront comment la région peut passer de la découverte des ressources à la mise en œuvre des projets. Dans ce contexte, Yakaar-Teranga constitue une étude de cas pertinente pour les discussions portant sur l'exploitation du gaz offshore, la structuration des projets et les stratégies de monétisation dans l'ensemble du bassin MSGBC.

Alors que des opportunités similaires se dessinent en Mauritanie, en Gambie et en Guinée-Bissau, cette conférence offrira une tribune pour examiner comment les acteurs régionaux et les partenaires internationaux peuvent accélérer la mise en œuvre des projets et renforcer les cadres d'investissement sur les marchés gaziers émergents. Pour le Sénégal, Yakaar-Teranga marque une étape décisive dans son parcours de développement gazier.

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