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2 avril 2026

Le Sénégal fait avancer sa stratégie gazière pour 2026 alors que l'Afrique cherche à attirer 375 milliards de dollars d'investissements

Le Sénégal fait avancer sa stratégie gazière pour 2026 alors que l'Afrique cherche à attirer 375 milliards de dollars d'investissements

La société indépendante d'exploration et de production Energean étudie de nouvelles opportunités d'investissement dans le gaz au Sénégal et en Mauritanie, en ciblant les ressources offshore situées à proximité du projet de GNL Greater Tortue Ahmeyim (GTA), alors que la région du MSGBC suscite un intérêt croissant de la part des investisseurs à la suite de découvertes majeures. Cette initiative intervient alors que le Sénégal accélère sa stratégie énergétique axée sur le gaz, en développant l'exploration, les infrastructures de gazoducs et les capacités de production d'électricité à partir du gaz.

Après s'être retirée des concessions offshore marocaines, Energean étudie également le développement du gisement de gaz de BirAllah en Mauritanie et une éventuelle participation au gisement de gaz de Yakaar-Teranga au Sénégal, dans le cadre d'une stratégie visant à mettre en place un grand projet gazier régional d'ici 2026.

Lors de la conférence MSGBC Oil, Gas & Power 2025 qui s'est tenue à Dakar l'année dernière, l'association à but non lucratif Society of Petroleum Engineers (SPE) a estimé que l'Afrique aurait besoin d'environ 375 milliards de dollars d'investissements au cours des 10 à 12 prochaines années pour développer pleinement son secteur du gaz naturel. Ces fonds seraient principalement destinés à l'exploration en amont et aux infrastructures intermédiaires, permettant ainsi de mobiliser une base de ressources représentant environ 8 % des réserves mondiales de gaz, tout en développant la production d'électricité, les exportations de GNL et la demande en gaz industriel sur l'ensemble du continent.

Le Sénégal et la région du MSGBC

La stratégie industrielle du Sénégal, axée sur le gaz, s'est accélérée début 2026 lorsque la compagnie pétrolière nationale Petrosen a lancé sa première campagne d'exploration terrestre indépendante, d'un montant de 100 millions de dollars, ciblant des bassins pionniers qui, selon les estimations, refléteraient la géologie offshore à l'origine des découvertes de GTA LNG et de Sangomar.

Des projets d'expansion en amont sont également à l'étude en mer. La société australienne Woodside Energy a confirmé qu'elle étudiait la phase 2 du projet Sangomar, qui prévoit la mise en place d'environ 33 puits sous-marins supplémentaires reliés au FPSO existant d'une capacité de 100 000 barils par jour, ce qui pourrait prolonger la trajectoire de croissance de la production pétrolière du Sénégal.

Par ailleurs, la stratégie de valorisation du gaz du Sénégal continue de s’articuler autour du projet transfrontalier GTA, qui a été mis en service en 2025. La phase 1 prévoyait l’attribution d’environ 35 millions de pieds cubes standard par jour de gaz à chaque pays hôte (la Mauritanie et le Sénégal) pour la production d’électricité à des fins nationales.

Les infrastructures intermédiaires progressent également. Le Sénégal privilégie les partenariats public-privé en 2026 afin d'accélérer la mise en place de son réseau national de gazoducs de 400 km, destiné à acheminer le gaz offshore provenant des gisements de GTA et de Sangomar vers les centrales électriques et les consommateurs industriels.

La réduction des risques financiers est également renforcée. Le fonds souverain sénégalais FONSIS a doublé son capital pour le porter à 280 millions de dollars début 2026, afin de contribuer à mobiliser des investissements privés pour des infrastructures gazières à grande échelle et les futurs appels d'offres.

L'industrialisation reste l'objectif principal, le gouvernement visant à supprimer les importations de gaz naturel d'ici fin 2026. Cette mesure devrait permettre d'économiser 277 millions de dollars par an tout en soutenant un réseau électrique dans lequel le gaz pourrait à terme représenter jusqu'à 75 % de la capacité installée.

Dynamique continentale

Ailleurs en Afrique, de nouveaux cadres réglementaires voient le jour afin d'attirer les investissements nécessaires pour combler le déficit de financement de 375 milliards de dollars identifié par le SPE.

En Namibie, le projet de loi de 2025 portant modification de la loi sur le pétrole, dont la mise en œuvre est prévue pour 2026, transfère la supervision du secteur amont au Cabinet du président et instaure une nouvelle politique nationale en matière de contenu local dans le secteur pétrolier amont, qui donne la priorité aux fournisseurs nationaux et au transfert de compétences techniques.

La République du Congo progresse rapidement dans la commercialisation du GNL. Début 2026, les exportations issues de la phase 2 du projet Congo LNG, développé par le géant énergétique Eni, ont ajouté 2,4 millions de tonnes par an (mtpa) de capacité de liquéfaction, portant la capacité totale d'exportation de GNL du pays à environ 3 mtpa.

Les activités d'exploration connaissent également un essor fulgurant, l'Afrique devant représenter environ 40 % des puits d'exploration à fort impact à l'échelle mondiale en 2026. Les dépenses mondiales en amont reflètent cette dynamique. Les dépenses totales devraient atteindre 504 milliards de dollars en 2026, l'Afrique y contribuant à hauteur d'environ 41 milliards de dollars, ce qui positionne le continent comme l'une des frontières à la croissance la plus rapide en matière d'exploration d'hydrocarbures.

En attendant le MSGBC 2026

La prochaine édition de la conférence MSGBC Oil, Gas & Power 2026, qui se tiendra en décembre, devrait être largement consacrée à la mobilisation de capitaux pour les pipelines, les infrastructures de GNL et les projets de conversion du gaz en électricité, indispensables pour combler le déficit d'investissement de 375 milliards de dollars mis en évidence par la SPE.

Alors que le Sénégal accélère ses activités d'exploration, que la République du Congo développe ses exportations de GNL et que la Namibie remanie son cadre réglementaire, l'Afrique passe progressivement de la phase d'exploration à celle de la mise en œuvre. Toutefois, le plein développement du secteur gazier dépendra de contrats bancables, de plans directeurs intégrés pour le gaz et de technologies numériques capables d'améliorer l'efficacité tout au long de la chaîne de valeur en amont et en aval.

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