La Mauritanie lance un projet de gazoduc pour l'hydrogène vert d'une valeur de 100 milliards de dollars, visant une production de 12,5 millions de tonnes
La Mauritanie accélère ses ambitions en matière d’hydrogène vert en 2026, les promoteurs finalisant actuellement des accords et franchissant des étapes clés en matière de faisabilité pour un portefeuille de projets dépassant les 100 milliards de dollars. Parmi les avancées récentes, on peut citer les négociations avancées en vue d’un accord avec le gouvernement hôte pour le projet Aman (30 GW) et les travaux de faisabilité en cours pour le projet Nour et l’usine d’ammoniac de Hynfra, ce qui marque le passage de la phase de conception à celle de la mise en œuvre.
Un projet de 100 milliards de dollars
La Mauritanie vise à produire 12,5 millions de tonnes d’hydrogène vert par an d’ici 2035, grâce à des investissements prévus d’environ 100 milliards de dollars. Parmi les projets phares figurent le projet Nour (10 GW) et le projet Megaton Moon de GreenCo Energy (qui atteindra progressivement 60 GW), qui représentent ensemble près de 60 % de la capacité d’hydrogène prévue en Afrique.
Lors de la conférence MSGBC Oil, Gas & Power de l'année dernière, CWP Global a annoncé qu'elle accélérait la finalisation de son accord avec le gouvernement mauritanien concernant le projet Aman. « Si l'Afrique fait les bons choix et agit avec détermination, l'hydrogène vert peut devenir un catalyseur de prospérité partagée sur ce continent », a déclaré le Dr Stefan Kaufmann, ancien commissaire à l'innovation pour l'hydrogène vert au sein du gouvernement fédéral allemand.
Le projet Nour, développé par Chariot et TotalEnergies, a achevé ses études de faisabilité et négocie actuellement les conditions d'investissement, avec pour objectif une capacité d'électrolyse pouvant atteindre 10 GW. De son côté, Megaton Moon prévoit une construction par étapes entre 2029 et 2033, en commençant par un projet pilote de 500 MW.
L'intégration industrielle est au cœur de la stratégie du pays. La société publique SNIM s'associe à des promoteurs pour mettre en place des pôles de production de fer par réduction directe alimentés à l'hydrogène vert, dont la production devrait permettre de porter la production de minerai de fer à 45 millions de tonnes par an d'ici 2030. Le PIB pourrait augmenter jusqu'à 60 % d'ici 2035, créant ainsi entre 100 000 et 150 000 emplois.
Solvabilité, clarté des politiques et envergure des projets
La compétitivité de la Mauritanie repose sur un fort ensoleillement, des vents côtiers réguliers et un littoral atlantique propice au dessalement. Sa proximité avec l'Europe renforce la viabilité de ses exportations grâce à ses ports et à des projets de gazoducs.
Le Code de l'hydrogène vert de 2024 prévoit des exonérations de TVA et d'impôt sur les sociétés, des droits de douane réduits et des mesures d'incitation à l'exportation. Il a également créé l'Agence mauritanienne de l'hydrogène vert afin de rationaliser la procédure d'octroi des licences, celles-ci pouvant être accordées pour une durée maximale de 35 ans, renouvelable.
Ces mégaprojets s'appuient sur des partenariats stratégiques, notamment des accords conclus avec le port de Rotterdam pour les exportations d'ammoniac et le financement « Team Europe » soutenu par l'UE. Des lacunes subsistent toutefois en matière d'infrastructures : on estime à 20 milliards de dollars les besoins pour les ports, les réseaux de transport et la logistique, en particulier à Nouadhibou et à Nouakchott.
Dynamique des investisseurs et perspectives du MSGBC pour 2026
Le passage de la Mauritanie de la phase des accords à celle de la mise en œuvre renforce la confiance des investisseurs, de nombreux projets entrant désormais dans une phase avancée de planification. La cohérence entre les politiques, la planification des infrastructures et l'intégration industrielle positionne le pays comme un fournisseur crédible à grande échelle pour la transition énergétique européenne.
Lors du salon MSGBC Oil, Gas & Power 2026, qui se tiendra à Dakar du 1er au 3 décembre, la Mauritanie devrait présenter les avancées réalisées dans le cadre de ses projets phares, du financement des infrastructures et des partenariats à l'exportation. Les discussions consacrées à l'hydrogène porteront probablement sur les accords d'achat, les cadres de certification et l'intégration régionale, qui façonneront la prochaine phase des négociations commerciales dans l'ensemble du bassin MSGBC.
Grâce à un soutien politique sans équivoque, à une planification stratégique des infrastructures et à un portefeuille de projets de 100 milliards de dollars en passe d'être mis en œuvre, la Mauritanie se positionne non seulement comme un leader national, mais aussi comme une plaque tournante régionale de l'hydrogène vert, capable d'attirer des investissements internationaux et de stimuler la croissance industrielle dans toute l'Afrique de l'Ouest.

